Le pays des hommes en jupettes et avec la bouche rouge
Je suis arrivée a l'aéroport de Yangon le 25 Mai au soir. J'ai pris un taxi direct pour aller a la guesthouse, les rues et les avenues étaient sombres. A la guesthouse il n'y avait pas d'électricité. C'est un problème permanent en Birmanie, ils ne produisent pas assez d'électricité pour tous leurs besoins, donc les coupures de courant répétitives et longues sont très normales et les gens ont l'air de vivre avec ca sans aucun problème. En ce qui concerne les coutumes vestimentaires, hommes et femmes portent des longjis (un tissu qu'ils enroulent autour de la taille comme une jupe). Les femmes et aussi quelques hommes mettent de la Tanaka sur les joues et sur les bras, c'est le maquillage birman qui ressemble a de la boue qui protège le visage et la peau en générale des coups de soleil. Presque tout le monde mais surtout les hommes mâchent du bétel qui transforme la couleur de leurs bouches et de leurs dents en rouge éclatant. Une fois mâché ca devient un liquide rouge qu'ils n'avalent pas et qu'ils crachent par terre. Il faut être vigilent en marchant pour ne pas se prendre un crachat rouge sur les pieds. Les gens sont tous très beaux avec des trais très fins et une peau très douce, contrairement aux autres pays d'Asie, mais quand ils sourient, avec leurs dents rouges et pourries, toute la magie de cette beauté disparait.. Quel dommage! J'ai passe 5 jours a Yangon pour attendre mon visa indien. J'en ai profite pour me promener et pour passer du temps a parler avec quelques guides qui venaient attendre les touristes a la porte de ma guesthouse. Le temps était vraiment pourrissime, il pleuvait énormément a tel point que, des fois, les rues devenaient comme des piscines. Le 28 Mai Amélie et Valérie (rencontrée dans l'avion) sont arrivées, c'était encore mieux de se promener toutes les trois pour éviter les regards pesants des hommes que je ressentais quand j'étais toute seule. On a visite la Shwedagon Pagoda, le temple le plus important du pays qui est considère presque comme un lieu de pèlerinage, et c'était très beau avec ses stupas en or. Puis le samedi on a pris le bus pour Mandalay, j'étais très contente de quitter Yangon, 2 j auraient été largement suffisant mais je n'avais pas choix pour avoir mon visa pour l'Inde!
On est arrive a Mandalay a 5h du matin puis tuktuk direct a l'hôtel. Apres un bonne douche on est partie se promener sous un soleil écrasant. On a marche toute la journée, on était exténuée! Apres avoir visite la reproduction du grand palais royal, l'original a été brule lors de la 2eme guerre mondiale, une visite sans intérêt vu qu'on dirait une décoration Hollywood, on a commence a visiter de nombreuses pagodas et monastères. Mandalay est connu mondialement en tant que capitale de la religion bouddhiste, les moines viennent du monde entier pour suivre des études en bouddhisme, ce qui explique le nombre important des temples. Certains temples sont entièrement en teck et sculptés très minutieusement tandis que d'autres sont peints en blanc et avec des stupas dorées éclatantes, un peu tape à l'oeil. Puis on est monté au Mandalay Hill pour avoir une vue spectaculaire de 360° de toute la ville, et c’était effectivement très beau. On a passé plus de 2 heures à cet endroit à parler avec des jeunes Birmans qui étaient très assoiffés de connaître nos cultures et échanger différents points de vue et opinions. Puis après ça on est rentré près de la guesthouse complètement exténuée, un bon repas indien au chappattis Stand puis dodo.
Le 2ème jour a commencé tranquillement après une nuit un peu agitée en ce qui me concerne. Valérie nous avaient raconté des histoires horribles de rat qu’ils ont vu sur le dos d’un de ses potes lors d’une nuit en cabane au milieu des montagnes. Ces images me sont restées dans la tête et j’ai rêvé toute la nuit de rats qui venaient sur moi. J’étais contente quand le soleil s’est levé.
On était entrain de discuter au petit déjeuner et une fille derrière nous m’a demandé en français si j’étais Kawtar, c’était Emilie une des copines de Laure qu’elle avait retrouvée à Bali, elle m’avait vu dans des photos et m’a reconnue, le monde est vraiment petit ! En discutant on s’est rendu compte qu’il y avait de grandes chances qu’on se retrouve dans l’avion Yangoon-Calcutta vu que notre vol était prévu le même jour. Emilie est partie prendre le bus pour aller vers le nord et nous on a continué notre visite. Toujours à pied, on a visité quelques ateliers de fabrication de feuilles d’or qu’ils ont l’habitude de coller sur les statues de Bouddha lors de leur pèlerinage. Puis on a marché jusqu’au quartier des moines ‘Monk District’. C’est un endroit vraiment impressionnant, les rues étaient pleines de moines à la tête rasée et aux épaules découvertes vêtus en robes orange et rouge (la couleur dépendait de leur provenance), les monastères tout autour étaient aussi ornés de ces robes entrain de sécher sur les murs et sur les fils à linges. Ca grouillait de vie en couleur, les moines malgré leur abstinence face aux plaisirs et leur vie assez modeste basée sur l’aumône, étaient en terrasses entrain de boire un jus ou un soda, j’en ai même vu qui étaient entrain d’acheter des CD ou DVD gravés de chez les vendeurs ambulants, c’était quand même drôle. Puis on a continué notre chemin pour visiter un vieux monastère chinois ‘Shwe In Bin Kyaung’ entièrement en teck et très finement sculpté. Puis retour à la guesthouse en traversant des petites rues qui cachaient la vie réelle des habitants qui était bien plus modeste. Fin de journée crevée à marcher sous la chaleur toute la journée.
Le 3ème jour, Amélie devait attendre une copine qui venait la rejoindre, donc à deux avec Valérie on a loué pour une journée un taxi bleu au nom de ‘Jojo le francophone’, un birman très gentil qui parle un français presque parfait. On est partie visiter de la région de Mandalay qui est très connue par sa richesse religieuse. Après quelques arrêts pour visiter des ateliers et des boutiques d’artisanat, notre position de touristes oblige, on est arrivé à Amarapura (la cité de l’immortalité) connue par son U Bein’s Bridge, le pont en teck le plus long au monde (1,2 km). C’était magique de traverser ce pont à pied et j’imagine que pendant le coucher de soleil ça devrait être encore plus extraordinaire. De l’autre côté du pont on a visité des temples avec deux petites filles magnifiques d’environ 10 ans qui nous ont tenues compagnie tout le long et qui nous ont aussi mis de la Tanaka sur le visage. Puis on est parti vers la deuxième ville très connue de la région par ses centres de médiations : Sagaing. On est monté au point le plus culminant au Sagaing Hill pour avoir une vue de 360° des alentours, et c’était vraiment un beau paysage que de voir ces centaines de temples et de stupas plantés entre les arbres. Après un beau coucher de soleil sur la rivière Ayeryarwady on a mis le cap vers notre point de départ à Mandalay. On a passé notre dernière soirée ensemble avant de nous séparer le lendemain matin : Amélie avec sa copine ont pris le bateau vers Bagan, Valérie restait plus longtemps avant de partir vers le nord puis moi je prenais le bus vers Bagan aussi mais j’allais loger dans une autre partie de la ville par rapport à là ou allaient les filles. On était bien toutes les trois, on a bien rigolé et on a passé des supers moments, on en reparlera surement quand on se reverra à Paris mais pour l’instant c’était fini, sniff …
Le lendemain me voilà partie prendre le bus pour aller à Bagan. Comme par hasard on était deux à partir de notre hôtel, il y avait, en plus de moi, Fenny une jeune Singapourienne très gentille.
Bagan est le plus grand site archéologique de Birmanie et d'Asie, s'étendant sur 42 km² avec ses 4400 temples et pagodes à perte de vue datant de plus de 800 ans. C'est un endroit fabuleux où les édifices religieux de tous les styles se mêlent pour le plaisir des yeux le long de l'Irrawaddy dans un décor de terres ocre sombres. On n’a pas eu de chance pour les couchers de soleil vu que le ciel était très couvert, malgré les 45° de température. On a pris notre temps pour visiter ce trésor, à chaque détour de chemins, derrière chaque pagode, on découvrait d'autres temples tous plus beaux les uns que les autres.
On s’est baladée la première journée avec 3 américaines en charrette à cheval puis le deuxième jour, avec Fenny, on a loué des vélos pour être plus libres et s’arrêter dans tous les endroits qu’on voulait.
Le premier jour, on a fait une des plus belles rencontres du voyage au temple d’Anada, on a connu Mumu, une jeune fille birmane d’une trentaine d’année. Elle parlait un anglais très riche et très clair et nous a expliqué l’histoire de ce temple et du monastère qui se trouvait derrière. Anada temple est devenu à mes yeux le plus beau et le plus intéressant des temples, elle nous a raconté des histoires que sa grand-mère lui racontait à propos des rois d’époque, elle était parfaite comme guide sauf qu’elle n’en était pas une, elle ne faisait que partager ses connaissances avec nous. Puis elle a insisté pour nous recevoir chez elle pour nous faire gouter des plats typiques ainsi que pour connaître ses frères et sœurs et sa maman. On a bien sur accepté avec grand plaisir, et elle voulait même venir nous chercher à notre hôtel pour nous emmener. On a essayé de lui donner un peu d’argent pour qu’elle puisse faire les courses et tout mais elle l’a refusé. On est parti toutes les 5 enchantées de notre rencontre et impatientes de vivre cette expérience chez elle le lendemain soir.
Puis l’heure de notre rencontre est arrivée après une longue journée à vélo avec Fenny. Mumu est venue à l’heure à la porte de notre hôtel puis on est parti à pied chez elle. On a fait connaissance de sa maman, ses 3 petites sœurs et ses 2 frères, une très belle famille qui habitait une maison modeste à 30 mn à pied. Elle nous a préparé un repas de rois : un curry de bœuf, une salade de feuilles de thé, une salade de choux, un curry de pomme de terre, une salade de mais, puis en dessert on eu des mangues et des bananes coupées en morceaux. C’était vraiment excellent. Elle nous a raconté un peu son histoire, sa vie, leur papa était mort depuis longtemps donc les deux les plus âgés de la famille (elle et son grand frère) devaient travailler pour subvenir aux besoins de la famille et permettre à leurs frères et sœurs de continuer leurs études. Elle qui avait un niveau assez bon en anglais, c’est parce qu’elle a continué à étudier chez elle quand elle avait du temps libre. Son rêve était de suivre une formation de guide pour pouvoir exercer ce métier qu’elle adore, et pour ça elle devait attendre qu’un des enfants finisse les études et se mette à travailler pour prendre le relais, et apparemment c’était pour bientôt vu que son frère qui faisait des études de géographie allait finir dans les 2 ans qui suivaient. Elle nous avait aussi raconté quelques problèmes qui lui prenaient la tête en ce moment, ils devaient quitter avant la fin du mois la maison où ils logeaient actuellement. Les propriétaires avaient trouvé un acheteur et donc ils leur avaient donné une date limite pour vider les lieux. Ils avaient un terrain vide à l’extérieur de Bagan par contre ils n’avaient pas d’argent pour construire une maison en bambou. On a demandé combien d’argent il fallait, eh bien la réponse était très surprenante : 35US$ pour acheter le bambou et pour la main d’œuvre, ce qui n’est absolument rien du tout pour nous, à vrai dire je ne savais pas trop si les croire ou pas. Avant de partir on a enfin réussi à lui glisser dans les mains une aide pour nous avoir accueillies aussi chaleureusement. Je ne sais pas si toute cette histoire était sincère, mais j’ai tendance à croire que même si elle nous raconté que des mensonges que ces moments partagés avec elle et sa famille étaient vraiment une chance pour moi.
Puis le temps de quitter cette belle ville était arrivé, le lendemain avec Fenny on prenait le même bus à 5h du matin pour aller à Kalaw en ce qui me concernait et à Inle lake pour elle. On a entendu pleins de retours d’expériences comme quoi c’est le trajet le plus insupportable de la Birmanie, en même temps on ne pouvait pas payer le billet d’avion donc pas le choix !
Après avoir vécu ce voyage je peux confirmer maintenant que c’est le pire trajet en bus de toute mon année de voyage. Le bus ressemblait à un bus scolaire, sur un siège pas très grand il y avait deux places vendues, donc une des deux personnes se retrouvait avec une fesse assise et l’autre dans le vide. Sans parler du dossier qui était droit donc non inclinable, dur et court, on ne pouvait même pas poser notre tête. Le pire c’est que dans ces conditions on a passé de 5h du matin jusqu’à 15h dans des routes de montagnes où ça n’arrêtait pas de tourner et nous qui n’arrêtions pas de glisser, impossible de dormir ou de se reposer. On avait trop mal aux fesses et on était crevées.
Enfin j’arrive à Kalaw, et là il n’y avait que moi qui descendais. J’ai dit au revoir à Fenny qui était adorable et avec qui j’ai passé un super séjour à Bagan.
Mon objectif était de faire les 3 jours de randonnées de Kalaw à Inle lake, j’ai entendu que c’était vraiment une très belle expérience. Pour y aller il fallait trouver des compagnons pour former un groupe et pour payer moins cher, donc je devais aller prospecter dans la rue et aborder les touristes vu que dans mon hôtel il n’y avait qu’un couple anglais qui n’était pas intéressé. Dans la rue il n’y avait presque pas de touristes, au bout d’une heure de balade j’ai croisé un couple espagnol qui partait le lendemain matin le faire, j’étais tellement fatiguée de mon trajet en bus que je ne me sentais pas assez forte de partir dès le lendemain sans me reposer au moins une journée, donc je leur ai dit non. Je n’ai croisé personne d’autre, on était 5 touristes dans toute cette petite ville de montagne ! En fin d’après midi il s’est mis à pleuvoir et le temps était bien menaçant. Les prévisions météo n’étaient pas optimistes et cette randonnée est très déconseillée en temps de pluie à cause de la boue et des sangsues. Je suis retournée à ma chambre sans aucun résultat positif, je suis partie me coucher en espérant que le lendemain il y aurait quelques touristes intéressés par ce trek qui débarqueraient à Kalaw.
Le lendemain le temps était vraiment pire, le ciel était bouché et la pluie n’a pas arrêtée de tomber depuis la nuit dernière. Un peu déprimée je suis quand même sortie faire un tour, vu les conditions météo j’ai commencé à me faire à l’idée que ce n’est plus possible et que je partirais à Inle lake en bus. En fin d’après midi je croise dans la rue Tiri, une petite birmane guide de montagne très enthousiaste et très encourageante. Elle m’a énormément encouragé à faire ce trek en tête à tête avec elle, en plus elle m’a fait presque le même prix que si j’étais avec un groupe de 3 personnes, et elle disait que le temps allait changer et qu’il fallait qu’on essaye. J’ai décidé de la suivre, elle avait l’air d’être tellement positive et j’avais besoin de quelqu’un comme elle pour me pousser un peu. Elle m’a prêté des super chaussures de randonnée et on est partie le lendemain matin à 8h pour faire presque 60km au total, le temps de marche prévu par jour était de : 6h (18km) la 1ére journée, puis 8h (22km) puis 4h (15km) pour la dernière journée. Je lui ai donné mon grand sac à dos pour l’envoyer par bus dans un hôtel à Inle lake, ça m’a évité de le porter pendant 3j, je n’avais donc que mon petit sac à dos de 5kg approx.
La première journée (8 /06) était vraiment pas facile, il a plu d’une manière torrentielle tout le temps et il y avait tellement de nuages et de brouillard qu’on ne pouvait apercevoir aucun paysage. Heureusement que j’avais pris mon parapluie et que j’avais les chaussures de Tiri. Effectivement ça ne faisait vraiment pas pro de randonner avec un parapluie mais je m’en foutais complètement vu qu’il m’a évité d’être entièrement trompée. Et grâce à ces magnifiques chaussures mes pieds sont restés au sec. On a fait un premier arrêt au View point pour le repas du midi dans une maison de népalais. Un autre groupe de deux filles avec un autre guide est arrivé peu de temps après nous, les filles étaient complètement trompées et une d’elles avaient décidée de faire demie tour. Puis nous on a continué notre chemin et la pluie, pour mon grand bonheur, a commencé à s’arrêter. On a fait une pause à Myindai station et on a attendu l’arrivée du train pendant 2h dans un petit café à boire du thé au lait. Le spectacle de l’arrivée du train était super, le village en question est un village agricole et donc femmes et enfants sont sur le quai avec leurs grands paniers remplis de fruits, de légumes et de fleurs à attendre l’arrivée du train, celui-ci fait un arrêt de 15min et ça leur permet de vendre leur marchandise aux voyageurs. C’était vraiment beau de voir toutes ces couleurs et cette vie. Puis on a continué, Tiri m’avait dit qu’il ne restait qu’une heure de marche pour finir notre journée. J’étais toute contente qu’il ne pleuve plus et que la journée n°1 soit presque finie ! J’avais un peu tort de crier victoire rapidement, la petite heure qui restait était la plus difficile vu que les chemins étaient inondés de boue et on s’enfonçait et on glissait et même patinais comme pas possible. Il y avait au moins 2 kg de boue collée sous chacune de mes chaussures (j’exagère un peu) donc ce n’était pas possible de maitriser mes pas, une fois je suis même tombée d’un petit pont mais heureusement que la boue est toute molle et ça a amorti le choc. Tiri a mis le pied dans un puits de boue et en avait jusqu’aux genoux presque. A un moment on a croisé 3 petites filles qui rentraient d’école, elles avaient des tongues aux pieds et malgré tout on les voyait presque galoper comme des petites chèvres sur la boue sans tomber ni glisser, c’étaient des expertes dans la matière et on a bien fait de les suivre. Grace à elles on est arrivée assez vite au village deYwapu ou on devait passer la nuit chez une famille. J’ai pu prendre une douche (froide bien sûr), en attendant Tiri avec la mère de famille cuisinaient dans la petite cabane qui servait de cuisine. Elles nous ont concocté une soupe de pois chiches, un curry de bœuf, du chou-fleur frits, des chips faites maison, je n’ai même pas pu finir le quart, il y en avait trop et c’était très bon. J’ai fait connaissance avec la grand-mère qui avait 97 ans, elle avait tout son esprit, elle parlait, marchait, bref elle était en pleine forme, je crois que c’est l’effet de vivre dans ces montagnes qui fait qu’elle soit aussi bien.
Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner on a repris notre randonnée. Il avait l’air d’avoir vraiment arrêter de pleuvoir et le ciel était clair. On a traversé plein de petits villages, énormément de champs de poivrons, de choux chinois, de choux-fleurs, de cacahuètes, de gingembre et plein d’autres produits. Il y avait que des femmes qui travaillaient dans les champs, je me demandais où étaient les hommes. L’interprétation de Tiri était que les hommes birmans étaient des fainéants et ne faisaient que boire de la bière et de l’alcool de riz toute la journée pendant que les femmes faisaient tout. Un autre monsieur rencontré après disait que la raison était que c’était une zone de drogue assez importante et que presque tous les hommes trompaient dans ce business et laissaient leurs femmes s’occuper des champs et des enfants. Je ne sais pas lequel des deux croire ! On s’est arrêté mangé le midi dans un petit village ( Khone Hla) chez quelqu’un que Tiri connaissait. Elle a préparé un plat énorme de fried noodles, c’était trop bon et j’ai tellement mangé que j’ai eu vachement de mal à marcher après. Puis en fin d’après midi on est arrivé dans le monastère de Hteintain où on devait passer la nuit. Tiri m’a présenté au moine responsable des 16 petits apprentis, il n’avait que 26 ans mais il avait une telle prestance qu’il suscitait un grand respect. Le monastère était assez vaste, les petits nous ont préparé notre chambre dans la grande salle de prière où eux même dormaient sur des tapis, ils ont installé des rideaux tout autour de nos lits, c’était vraiment mignon. Puis douche et repas. A 20h les petits moines se sont mis en ligne devant la statue du grand bouddha et se sont mis à chanter et à prier pendant plus de 2h. Leur maitre contrôlait s’ils avaient bien appris les textes. C’était assez magique de s’endormir sous le son du chanting des petits moines même si c’était vachement brouillant. Le matin à 5h du matin, rebelote chanting et prière. Cette fois-ci je ne les ai pas trouvés magiques vu que j’avais encore sommeil. Malgré mes boulles-quies je les entendais et ça m’agaçait. C’était quand même une expérience unique que de dormir dans un monastère, je ne l’oublierai jamais.
Le troisième jour, réveil dur à 7h du matin. Petit déjeuner et puis départ pour la dernière étape. On est arrivé à Indein Village vers le coup de 12h, le point final de la marche à pied. On ne pouvait continuer qu’en barque jusqu’à Inle Lake et Tiri devait trouver un moyen de partager une barque avec des gens pour que je ne paye pas le prix totale de location, elle a réussi à trouver un couple très gentil et on est donc arrivé à destination, à mon hotel, environ vers 15h. Sur la route les gens avaient dit à Tiri que le couple d’espagnols qui étaient partis une journée avant moi avaient fini par prendre un bus pour aller à Inle, ils ont abandonné à cause de la pluie. Puis Fenny m’avait aussi écrit que ses copains qui étaient partis 2j avant ont aussi abandonné. Je crois que ma petite Tiri m’a porté énormément de chance et j’étais très contente d’avoir fait cette rando avec elle. 3 sacrées journées, j’en ai pris plein la vue, c’est à refaire et à conseiller à tous.
Me voilà donc dans ma dernière ville birmane, Inle lake. Ma guesthouse était super avec un grand jardin fleuri. Les gérants étaient tellement gentils et adorables que je serais bien restée une semaine de plus à me faire chouchouter par eux. J’ai fait connaissance de gens très sympathiques dès la première journée, Pan et Anise un couple d’Hong Kong, 2 soeurs slovaques : Mira et Jamila, un couple américain, Elisabeta une polonaise et Ruben un espagnol. On s’est tellement bien entendu et on était tellement bien dans la guesthouse qu’Anise a créé un groupe dans facebook ‘Aquarius Inn, Myanmar’. On a loué tous ensemble un petit bateau à moteur pour la journée. On a fait le tour du lac et visité les alentours, c’était super ! On a été à Indein pour voire une plaine de stuppas très très belles et très anciennes qui datent d’avant JC. C’était magnifique !
Eh oui, toute bonne chose a une fin. Après 4 nuits / 5jours il fallait que je quitte Inle et partir à Yangoon pour prendre mon avion en direction de Calcutta.
Quel beau pays et quel peuple !!J’ai été enchantée par les 3 semaines passées là, c’était exceptionnel de visiter un pays aussi peu touristique, aussi authentique et aussi magnifique. En 2010 ce sera les élections présidentielles, je me demande si le gouvernement actuel va résister et garder son pouvoir, en tout cas tous les gens que j’ai rencontré espèrent vraiment un changement positif et démocratique en 2010 et l’attendent avec impatience. Je leur souhaite beaucoup de courage pour affronter les gros requins.
Si leur souhait est exaucé, chose que je souhaite très fortement, je croise les doigts pour que le tourisme en masse dont le pays sera victime n’aille pas déformer la gentillesse, la générosité et la serviabilité des birmans. Ils sont parfaits comme ils sont aujourd’hui et j’espère qu’ils le resteront.